VILLERS LES NANCY Si le Placieux m'était conté

L'association des Amis, de Sainte-Thérèse a pour but de contribuer au rayonne­ment et à la conservation de l'église Sainte- Thérèse et de ses dépendances par l'organisation de manifes­tations et d'activités ras­semblant les habitants du secteur où elle est située, C'est dans le contexte du 70e anniversaire de cet édifice qu'elle a proposé une conférence donnée par le docteur Pertuy, inti­tulée « Regard sur le passé du Placieux et de son église ». Illustrée par quelque 75 diapositives de la collection privée de Jean Pertuy, cette ren­contre avait pour objectif de « redonner un sens au lieu" au territoire, et de faire revivre un morceau d'histoire locale, sur une surface délimitée par la paroisse de Sainte­ Thérèse ».

Au cœur même de l'église, le conférencier allait très rapidement passionner son auditoire.

Tout d'abord en rappelant le défrichement de la forêt de Saurupt en 1600 pour établir une garenne, l'en­droit où on allait chasser les lapins sans oublier les chiens ducaux qui étaient installés dans une ferme, qui deviendra plus tard La Chiennerie, Puis vinrent les Tuileries lors du siège de Nancy au moment de la guerre de Trente Ans et le passage de Richelieu et de Louis XIII en 1633. Avec beaucoup de précision Jean Pertuy évoquera ensuite chronologiquement

Jean Pertuy et sons sens de la précision historique.

les événements majeurs qui marquèrent le site, En parlant d'abord du terroir, en 1800, avec le dévelop­pement d'exploitations à la Chiennerie puis au début du XIXe avec la nais­sance d'une exploitation de vignerons, créée, par Gomien dont deux fils de­viendront de célèbres miniaturistes lorrains.

Une conférence suivie avec passion par les auditeurs.

Sédillot ou, encore les rues nancéiennes Félix-Faure ou du Placieux.

Et d'expliquer les tenta­tives d'annexion par la ville de Nancy, qui sou­haite s'étendre notam­ment sur Villers et Laxou. Des ambitions qui n'abou­tissent pas tandis que se développe la cité ouvrière de la Chiennerie puis qu'apparaît le lotissement « France Lanord Bicha­ton » dit du Placieux en 1927, puis le bâtiment « HBM » de la cité Senn. Une unité cultuelle et cul­turelle s'instaure finale­ment par la création d'une quinzième paroisse de Nancy en 1928, la citéparoissiale Sainte-Thérèse avec l’église Sainte Thérèse au

centre, puis l'école du Placieux.

Date à laquelle Mgr de Celle, évêque de Nancy et de Toul déclarait le 12 mars 1928, « Nous avons donc résolu d'instituer une paroisse dans cette zone ouest de la. ville  sous peu fort importante, dite du Placieux. Nous ne dis­simulons pas que c'est là une grave et grande entre­prise ».

La construction de l'église Sainte-Thérèse débutera en 1930 pour être livrée au culte en 1934. Mais elle n'est depuis toujours pas terminée faute de moyens financiers.
La façade actuelle ne sera achevée qu’en 1963.

Au final une belle leçon d'his­toire pour laquelle Jean Pertuy démontre que l'an­nexion, dont il faisait état auparavant « est finale­ment aujourd'hui effective par la création du district urbain et' de la commu­nauté urbaine du grand Nancy»

Les spectateurs retien­dront aussi les nom­breuses anecdotes, re­latées 'par Jean Pertuy, comme là visite du prési­dent Albert Lebrun en 1932 ou celle, entre les deux guerres, d'Edith Piaf au café du Placieux et bien d'autres échos qui ont émaillé une démonstration dont la qualité de la précision historique fut appréciée à l'unanimité,

Construction inachevée

Ensuite, avec la guerre de 1870, Nancy deviendra ville frontière, une époque à laquelle les bavarois al­laient monter une 'caserne au Champ de Mars non loin de l'actuel Palais de Justice.

On a alors besoin d'espace pour implanter des ca­sernes le long de la rue Blandan puis l’hôpital