Jeudi 9 juin, à la maison de l'Asnée, a été signée la convention de souscription en faveur de la réhabilitation de l'église Sainte Thérèse. La Fondation du Patrimoine, l'Association diocésaine et les Amis de Sainte Thérèse sont les partenaires de ce projet qui devra permettre la récouverture de l'église. La fondation du patrimoine a décidé d'octroyer 15 000€ de subventions dès que l'Association des Amis de Sainte Thérèse aura recueilli 8 832€, correpondant à 5% du montant des travaux qui s'élèvent à 176 639€. Par ailleurs, Madame le député Valérie Rosso-Debord, alertée sur l'urgence de la situation, a débloqué la somme de 50 000€ sur sa réserve parlementaire. Les engagements de ces éminents partenaires doivent servir de moteur pour mobiliser la générosité des particuliers qui pourront bénéficier d'une réduction d'impôt à hauteur de 66% du montant du don.



Le discours de Monsieur Michel Vicq, délégué départemental de la Fondation du Patrimoine


SIGNATURE DE LA CONVENTION DE SOUSCRIPTION
EN FAVEUR DE LA REHABILITATION DE
L'EGLISE SAINTE THERESE A VILLERS LES NANCY
DOMAINE DE L'ASNEE - 9 JUIN 2011


Monsieur le Vicaire Général, représentant Monseigneur Papin
Monsieur le Curé, aux prêtres présents,
Madame la Députée, Chère Valérie,
Monsieur le Sénateur,
Mesdames Messieurs les élus,
Monsieur le Président,
Messieurs de la Presse,
A mes collègues de la Fondation du Patrimoine

C'est pour moi un réel plaisir de vous rejoindre ce soir au Domaine de l'Asnée pour y signer au nom de la Fondation du Patrimoine, un engagement de coopération en faveur de la sauvegarde de l'église sainte Thérèse de l'Enfant Jésus de Villers lès Nancy.
Créée en 1996 à l'initiative des Pouvoirs Publics, la Fondation du Patrimoine a pour vocation de promouvoir la connaissance, la conservation et la mise en valeur du patrimoine, principalement celui qui n'est ni inscrit, ni classé.
Chaque commune a son chef d'œuvre en péril. Combien d'ouvrages marqués du sceau des générations, gagnés par le délabrement meurent dans l'oubli ou disparaissent par l'impossibilité ou la négligence de leur donner la reconnaissance qu'ils méritent.
Or, sauver un monument en le réhabilitant, c'est honorer la vie de nos contemporains et l'existence de ceux qui nous suivront, c'est réchauffer la mémoire des pierres et faire que le temps n'ait pas raison de son allure ni de sa puissance évocatrice. Il ne faut pas pleurer les choses qu'on n'a plus, il faut empêcher qu'elles meurent. Or une église dans un village comme dans une ville, c'est le mémorial des années défuntes et des silhouettes anciennes. Elle invite secrètement à la méditation. Elle est un endroit où l'histoire est vivante. Elle est aussi le murmure des époques et incarne la noblesse du sacré en nourrissant les croyances pour les uns, la fierté pour les autres. Elle est, en tout, un point de repère au carrefour des chemins qui accueillent les pas des hommes dans leur labeur, leurs peines, leurs espérances. Si l'église est le lieu de nos pas de chrétiens, elle est aussi le symbole fort des sensations, du souvenir des émotions, des bonheurs familiaux et amicaux. Une église a toujours cette façon désarmante de nous parler de notre enfance et même de temps que nous n'avons pas connus.
L'église sainte Thérèse n'échappe pas à ces observations.
Construite en 1930 par Jules Criqui, elle était destinée à devenir un lieu de pèlerinage à la Sainte de Lisieux. Si le chœur, le transept et une partie de la nef ont été réalisés, les plans de Criqui, faute de moyens, ne furent pas conduits à leur terme. Elle revêt pourtant, outre sa mission religieuse, un indéniable intérêt historique, architectural et artistique dominé par le thème omni présent de la rose.
Des désordres graves affectant le plafond et la nef ont conduit l'Association diocésaine, propriétaire des lieux, à décider des travaux de zinguerie et de réfection des décors de la voûte intérieure pour permettre à l'édifice, fermé au public pour des raisons de sécurité, de retrouver ses fonctions cultuelles.
Face à cette situation maintes fois soulignée par la presse et qui ressemblait de plus en plus à un chant funèbre pour une désolation annoncée, la députée, Madame Valérie Rosso-Debord, consciente qu'il serait regrettable que les outrages du temps finissent par aggraver le sort de cette relique blessée, s'est rapprochée de la Fondation du Patrimoine pour envisager un partenariat destiné à sauver l'église Sainte Thérèse. Il aurait été fâcheux de laisser cet édifice s'endormir dans le double linceul du silence et de l'oubli. La contribution financière exceptionnelle qu'elle a décidé d'apporter à la réalisation des travaux nécessaires à la réouverture de l'édifice, a été décisive. Elle a été la traduction d'une volonté affirmée de redonner à cet élément remarquable du patrimoine le rôle éminent qui est le sien et la place d'honneur qui lui revient.
C'est le sens de la convention que nous avons rédigée et que nous allons signer dans un instant avec l'Association diocésaine et l'association des Amis de Sainte Thérèse soucieuse d'apporter sa contribution au projet. Comme vous pouvez le constater, la Fondation du Patrimoine mène le combat de l'action contre l'oubli et de celui de la reconnaissance contre l'indifférence.
Notre rôle n'est pas de satisfaire un appétit, mais de stimuler les enthousiasmes et de mobiliser les émotions comme les bonnes volontés en faveur de la défense du beau. Il aurait été facile de tomber dans les travers des échanges stériles et perpétuels ou dans un fatalisme désolé, celui qui conduit à la confusion et au renoncement. Sainte Thérèse n'était pas destinée à devenir un lieu peuplé d'abandon et aucune querelle ou rivalité n'aurait valu que cet édifice fût oublié. Notre conscience ne pouvait pas se passer de reconnaissance. Notre action, ce soir, est celle d'une volonté enveloppée d'enthousiasme. Nous lui avons donné une forme, celle d'une convention de souscription qui permettra à chacun selon ses moyens et selon sa générosité, de participer à la sauvegarde de ce bien culturel qui possède une mémoire qui nous oblige. Donner un peu de soi, c'est s'enrichir beaucoup. En outre, la Fondation du Patrimoine n'a pas voulu se contenter d'un accompagnement de principe.
Elle entend apporter dès ce soir, dans la corbeille de naissance, une contribution financière de 15 000€, sous la forme d'une convention de subvention. Cette subvention sera effective dès que la souscription aura atteint 5% du montant des travaux, soient 8 832€.
C'est donc à tous, élus, citoyens, forces économiques, structures associatives au premier rang desquelles se situe l'Association des Amis de Sainte Thérèse, d'agir dans la concertation et de participer à la réalisation du projet. Sainte Thérèse doit passer de la disgrâce à la grâce.
Notre politesse au patrimoine, c'est de se mettre en habit pour être serviteurs d'initiatives, de volonté, afin qu'au cœur de la modernité l'ancien continue d'être apprécié. C'est notre manière de faire une révérence à l'histoire. Le patrimoine c'est cette longue table qui rassemble des inconnus pour partager le même devoir de vigilance. C'est dans cet esprit que ce soir, ici, en votre présence, nous donnons rendez-vous à la réussite.
Au nom de la Fondation du Patrimoine, je m'enchante de notre coopération. C'est le sens des conventions que je vous invite à signer dans l'instant.

Merci.

Michel Vicq
Délégué départemental de
la Fondation du Patrimoine




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